Février 2025 ~ A la poursuite du printemps

Février s’amorçant, l’hibernation s’achevait. Le mois avançant, je multipliai les activités, rencontres et voyages. La géographie unique du Japon nous permettant, en se déplaçant vers le sud, de profiter d’un printemps précoce, je suis parti à sa recherche.

Le quartier de Mitaka et son musée Ghibli

Vous vous en souvenez sûrement : en juillet 2024, j’étais allé au parc Ghibli à Nagoya avec Théodore. Il existe à Tokyo un musée dans le quartier de Mitaka. Hélas, victime de son succès — tout comme le parc de Nagoya — les réservations doivent se faire plusieurs mois à l’avance. Je n’avais donc pas pu, avant février 2025, visiter ce musée, ni y aller avec Théodore. 

Mitaka est un quartier très excentré de Tokyo, situé à l’ouest de la ville. Du fait de cet éloignement, les loyers sont plus faibles et l’ambiance est très jeune et dynamique. Ainsi, le week-end, lorsque vous ajoutez les familles allant au grand parc d’Inokashira (dans lequel se trouve le musée), vous obtenez des rues très animées et une atmosphère globale tout à fait joviale. Ce fameux parc est par ailleurs l’un des exutoires sportifs de nombreux Tokyoïtes. 

Le musée fut vraiment passionnant, car l’angle choisi n’était pas celui auquel je m’attendais. L’idée n’était pas de montrer uniquement les productions du studio, mais davantage ce qui a permis de produire ces films et tout le processus créatif d’Hayao Miyazaki. Aucune photo n’étant autorisée au sein du musée, ce qui ne me permet certes pas de vous illustrer mon propos, l’expérience s’est avérée bien meilleure que si tout le monde sortait son téléphone. 

Pour illustrer la recherche d’inspiration du réalisateur, l’exposition met en avant un grand nombre de recueils disponibles à la lecture sur l’Europe, les paysages du monde, la littérature, la biologie, des technologies de tout genre, et bien d’autres encore. Par exemple, j’ai pu voir des gravures de Colmar, d’aéronefs, mais aussi un ouvrage en latin portant sur la médecine. 

Après cette aile sur l’inspiration se trouve une autre, avec cette fois-ci les différentes techniques d’animation. Comme vous le savez sûrement, les films sont usuellement une succession de photographies à haute vitesse (exactement 24 images par seconde). Pour l’animation, vous avez donc le même principe, mais avec un travail très important porté sur les images « clés ». Ces dernières ont pour fonction d’être les images de référence, entre lesquelles vous intercalez des images de transition permettant de fluidifier le mouvement. Par ailleurs, pour faciliter l’intégration sur la pellicule, diverses techniques sont utilisées, et nous pouvions voir dans le musée les différentes technologies employées. 

C’était tout à fait passionnant, et vous aviez une réelle impression d’être entré dans l’atelier d’un artisan qui vous laisse observer son travail en silence. Ce musée a donc été un réel coup de cœur !

Izu, là où débute le printemps nippon !

Comme vous l’avez appris au fur et à mesure de mes articles, j’ai découvert au Japon combien j’aimais aller à la rencontre des saisons. Ainsi, lorsque j’ai appris que des cerisiers précoces fleurissaient près d’un mois avant la saison (les Kawazu-zakura), et ce sur la presqu’île que j’aime tant — Izu (rappelez-vous, je l’avais découverte avec Grégoire en octobre !) — je n’ai pas hésité. 

L’idée était donc de découvrir les charmes d’Atami ! Entre sa rivière clairsemée de cerisiers en fleurs et ses quelques maisons de l’ère Taishō, j’étais aux anges ! En effet, il était possible de visiter une villa de 1919 parfaitement entretenue, avec son mobilier d’époque. Puis j’ai profité d’un onsen extérieur avec vue sur la mer depuis le trentième étage. Après une journée rythmée par les trains et les visites, ce fut une douce pause toute trouvée. 

Le lendemain, j’ai donc parcouru un festival dédié aux cerisiers et à leur association avec la couleur jaune des champs de colza ! Quelle surprise de voir tant de personnes photographier quelque chose de si commun en France. Cela m’a amené, une nouvelle fois, à remettre en perspective la vision que j’avais du tourisme et l’attrait que je porte aux paysages. Cette réflexion fait écho à celle que je m’étais faite il y a quelques années en Irlande. Avec deux amis, j’avais parcouru toute la côte sud et ouest et nous valorisions chaque falaise et point d’intérêt bien plus que je ne le faisais en France. Finalement, qu’est-ce qui nous empêche d’avoir cet émerveillement pour ce qui nous entoure au quotidien ? 

Ce qui est, pour vous, un gage d’authenticité et de qualité de ces articles est, je pense, l’honnêteté que je m’efforce d’avoir vis-à-vis de ce que j’ai vécu au Japon. Ainsi, laissez-moi vous raconter l’une des désagréables surprises de ce voyage. La nuit du samedi au dimanche, je logeais dans une auberge de jeunesse qui ne proposait pas de dîner. Or, dans toute campagne, les restaurants ferment, comme vous vous en doutez, tôt. Ainsi, à mon arrivée, je me suis précipité vers un restaurant aux alentours de 18 h 45. Celui-ci indiquait fermer à 20 h, la cuisine fermant vers 19 h 30 ; cependant, en entrant, on m’indiqua que la cuisine était fermée, alors qu’elle chauffait encore… Ayant peur de ne pas avoir le temps de trouver un autre restaurant, je n’argumentai pas et me dirigeai vers une seconde option. Cette fois-ci, l’on m’expliqua qu’il n’y avait plus de place au comptoir, alors qu’une seule des deux places était prise. Avec ces deux mésaventures, je me retrouvai à 19 h 30 sans avoir pu dîner et sans possibilité restante de le faire ou de partir dans une supérette. Je me couchai donc le ventre vide, avec l’amertume d’avoir été refusé coup sur coup sans réelles raisons. Trouver l’explication de cette situation ne m’intéressait guère, car j’imagine que ces restaurants ne le faisaient pas contre moi expressément et qu’il s’agissait sûrement d’une raison bien plus pratique. Il n’en reste cependant pas moins que ce refus de m’accueillir et de me nourrir resta très violent. Une seconde fois durant le weekend, je me rendis compte du manque de gratitude quotidienne dont je faisais preuve vis-à-vis de ce que j’avais et de ce que l’on m’offrait chaque jour.

Pêle-Mêle

J’ai revu une amie que je connais depuis le primaire ! Alors que Tatiana était en voyage d’affaires au Japon, nous avons saisi l’occasion pour nous revoir et envoyer cette photo à nos mères respectives !

Comme il m’était donné de beaucoup travailler avec le département commercial du fait de nos nombreux déplacements communs chez les clients, nous avons fortement sympathisé et nous nous retrouvions régulièrement avec Yoshida-san (au centre de la photo) autour de quelques verres !

Après une visite chez Nissan avec mes collègues chinois, j’ai été invité à prendre un verre avec les responsables de l’ingénierie japonaise et chinoise de mon entreprise. Une soirée donc passionnante, qui m’a fortement interrogé quant à mon réel désir de rentrer. En effet, face à de telles opportunités me témoignant confiance et désir de travailler sur le long terme ensemble, il m’était difficile de ne pas envisager de rester davantage en Asie.

Avec Cyril — qui apparaît pour la troisième fois consécutive ! — nous sommes allés au Cotton Club pour une soirée jazz avec un septet ! Ce septet était composé d’un saxophone, d’une trompette, d’un trombone, d’un piano, d’une guitare, d’une contrebasse et d’une batterie. Le saxophoniste (la raison pour laquelle j’avais choisi ce soir-là) a également joué avec un instrument à vent électronique, passant donc du jazz à la City Pop ou J-Pop des années 70-80. Une magnifique soirée donc, passée en très agréable compagnie !

Un mois de février rythmé par le travail donc ! J’ai également pu profiter de l’arrivée de l’arrivée précoce du printemps lors de ce voyage très introspectif, le prochain voyage début mars sera quant à lui partagé !

Bien à vous,

Augustin Duflos de Saint Amand.

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