Décembre 2024 ~ D’une mission inattendue aux retrouvailles tant attendues
Le mois de décembre m’est toujours particulier. Un mois de célébration, souvent en famille, mais aussi un mois propice à l’introspection et aux bilans de l’année écoulée. Ce fut un mois de décembre assez intense, car un imprévu a fortement densifié mon agenda !
Mission impossible ?
Imaginez un soir de décembre, l’obscurité nocturne s’installant progressivement dans mon appartement. Alors que je finissais la dernière réunion de ma journée, j’appris une nouvelle tout à fait imprévue. Il s’agissait d’une réunion entièrement en japonais, donc je ne comprenais pas tous les tenants et aboutissants, si ce n’est l’urgence absolue de résoudre un problème tout à fait dommageable vis-à-vis de l’un de nos clients. La réunion terminée, j’ai comme un pressentiment : la conclusion devait être que la résolution de cette « crise » allait reposer sur moi. Et, effectivement, à la fin de la réunion, mon manager m’appelle et me dit : « Votre mission — si toutefois vous l’acceptez — est de vous rendre au Mexique et de résoudre cette crise avant l’arrivée de vos parents au Japon, dans deux semaines. Ce message s’autodétruira dans 5 secondes. » Si vous pouvez raisonnablement douter de la véracité de certains passages de ce dialogue, j’ai réellement dû partir au Mexique ! Ce fut une grande expérience pour moi de pouvoir intervenir et former les ingénieurs locaux en pleine période de crise. Par ailleurs, quelle chance de partir au Mexique pour le travail ! Et, comme l’objet de la mission a été résolu rapidement, j’ai pu visiter Puebla et Mexico City le reste du séjour.

Si je dois retenir trois points de ce que j’ai découvert au Mexique, ce serait : la quantité d’églises, la spontanéité et la gentillesse des Mexicains, et un certain sentiment de danger. Ces trois points sont évidemment à nuancer par le fait que cela faisait un an que je n’avais pas vraiment quitté le Japon !
Là où, au Japon, j’ai vraiment ressenti le fait qu’il y ait peu d’églises, au Mexique vous en avez parfois plusieurs dans le même pâté de maisons ! Elles sont magnifiques, baroques, certes quelque peu chargées, mais vraiment inoubliables. Je pense notamment à la Capilla del Rosario, chapelle du couvent dominicain de Puebla, considérée comme la huitième merveille du monde.
Ce qui m’a aussi frappé, c’est la ferveur des Mexicains : j’y étais lors de la fête de Notre-Dame de Guadalupe. Toute la semaine, j’ai croisé des pèlerins marchant avec des icônes de la Vierge vers le sanctuaire de Mexico City. Ils sont très nombreux à traverser le pays pour cette fête fériée.









Concernant la gentillesse des Mexicains, je me souviendrai toujours du manager local du projet. Il m’a accueilli à mon arrivée, m’a aidé pour l’hôtel, on m’a payé tous les restaurants, et il a même passé son jour férié, avec sa famille, à me faire visiter Puebla et ses environs ! Je ne suis pas certain que j’aurais fait la même chose pour quelqu’un en France, donc je lui en suis vraiment reconnaissant. J’ai même pu profiter de son expertise pour trouver un masque de Lucha Libre (catch mexicain) pour mon cousin !




Enfin, pour le danger, j’avais en tête certaines histoires sordides de personnes ayant vécu au Mexique — notamment Tidiane et notre président de Faurecia Japon — donc je n’arrivais pas en totale confiance. Ensuite, à partir du moment où le moindre policier est lourdement armé, ou que vous avez des contrôles de sécurité pour rentrer dans les bus, vous commencez à être légèrement tendu… La chance que j’ai eue, c’est que Puebla est l’un des endroits du Mexique où le trafic de drogue est le moins présent. Cependant, personne ne m’avait prévenu que, pour la fête de Guadalupe, les Mexicains allumaient d’énormes pétards ! Rien de mieux pour paniquer quelques instants avant de comprendre de quoi il s’agit… et surtout faire rire les locaux ! Le véritable moment où je me suis senti « en danger », ce fut à Mexico City, en allant puis revenant du sanctuaire, situé au nord de la ville, entouré de quartiers populaires. J’ai sûrement surinterprété certains regards ou situations, mais je n’étais pas rassuré. Je pense que les histoires qu’on m’avait racontées avant mon départ n’ont rien arrangé !






Pêle-Mêle

Imagine Dragons est un groupe de rock américain que j’écoute depuis de nombreuses années. Quand quelqu’un me demandait quels concerts je rêvais de voir, je répondais souvent ce groupe. Donc, lorsque j’ai pu acheter des places, j’étais aux anges ! Avec Cyril, nous y sommes allés pour mon anniversaire, et ce fut génial !
Afin de me motiver à travailler le japonais, je voulais tenter début décembre le Japanese-Language Proficiency Test. Hélas, trop en retard sur l’écriture et la lecture, j’ai échoué à cet examen. J’ai toujours pour objectif, à moyen terme, de le réussir afin de conserver mon niveau actuel et d’obtenir une certification.


Un ami quittant le Japon, Aurélien, m’a offert en partant des fioles de Ricard ! Un bon goût provençal pour un prochain apéro !
Une parfaite illustration du mois de décembre à Tokyo : des gingko dorés (pléonasme volontaire, puisque gin signifie « or » en japonais), et un ciel azur.


Nous avons pu fêter Noël au Japon : de gauche à droite, monsieur l’abbé, arrivé à Tokyo presque en même temps que moi, Colin que vous connaissez déjà, et Jean-François, qui aide à la vie de la paroisse.
Des vacances de Noël familiales et Japonaises
Lorsque j’étais rentré pour Noël en 2023, cela faisait seulement trois mois que j’étais parti au Japon. J’avais alors bien compris que je souhaitais y rester deux ans. Je me souviens avoir dit, en quittant mes parents, que pour Noël 2024 je resterais au Japon : il ne me semblait pas cohérent de vivre au Japon deux ans mais vouloir rentrer à chaque Noël. J’avais ardemment désiré y vivre : je devais aussi apprendre ce que cela impliquait. Je ne m’attendais cependant pas à ce que mes parents me répondent : « Dans ce cas-là, ce sera l’occasion parfaite pour venir te voir. » Et ainsi, mes parents et mon frère Édouard sont venus me rendre visite, et nous avons pu voyager ensemble au Japon !
Du fait de vacances assez courtes, ils n’ont pu rester qu’une grosse semaine, donc le planning fut intense mais agréable. J’ai également pu découvrir des lieux où je n’étais jamais allé, ce qui nous a permis à tous d’apprécier certaines facettes du Japon ensemble. Par exemple, je n’étais jamais allé à Hakone et à son lac donnant sur le mont Fuji. Seul hic : normalement, en décembre, vous n’avez pas de nuages et vous pouvez admirer Fuji-san, mais cette fois, impossible ! En revanche, la découverte d’Himeji et de son château fut une très bonne surprise, car il témoigne parfaitement de l’époque féodale japonaise. Le parc bordant ce château est absolument époustouflant et considéré par beaucoup comme l’un des plus beaux du pays.









Je leur ai aussi présenté plusieurs restaurants que j’affectionne, dont certains déjà évoqués dans mes précédents articles. À Kyoto, nous sommes retournés dans le restaurant familial d’okonomiyaki où le chef m’a dit que je ressemblais énormément à ma mère, tout comme lui ressemble à la sienne ! Sa mère était là, et nous avons donc pu confirmer la ressemblance des traits, de génération en génération. J’avais également réservé le restaurant de sushis d’Osaka où j’avais emmené Théodore en juillet. Je vois encore papa savourer, les yeux fermés, ce qu’il savait être l’un des meilleurs sushis qu’il avait goûtés jusqu’alors.



J’ai vraiment été heureux de pouvoir faire visiter à mes parents et à Édouard ce pays que j’aime tant, et les voir reconnaître et comprendre la beauté que je vois ici m’a beaucoup touché. Seule ombre au tableau : j’aurais tant aimé que notre sœur Éléonore puisse être présente. Nous avons donc beaucoup pensé à elle qui n’avait pas pu nous rejoindre.
Ce mois de décembre fut très dense et, comme j’ai eu beaucoup de responsabilités et de pression — entre l’examen du JLPT, la mission au Mexique et l’organisation du voyage familial — il n’est pas illogique que je sois tombé malade début janvier ! Mais il s’agit là d’une histoire que je vous conterai lors du prochain article.
Bien à vous,
Augustin Duflos de Saint Amand.



Un commentaire
Amaury de SAINT AMAND
Félicitations mon cher Augustin pour la perfection de ta machine à remonter le temps qui nous permet de savourer encore et toujours ces chers souvenirs de notre visite familiale au Japon !
La suite aux prochains épisodes, n’est-ce pas?
Affections,
Tes parents