Juin 2025 ~ Ancrer les souvenirs d’un dernier été

Alors que la chaleur et l’humidité s’installent pour quelques mois, la météo en juin n’est pas pour autant aussi clémente que l’idée que l’on peut s’en faire. En effet, juin est connu pour être, avec septembre, l’un des mois les plus pluvieux. Cependant, j’ai tout de même profité de la beauté que nous offre ce mois-ci car nous avons eu trois magnifiques week-ends !

Le tour d’Izu en 80 quarts d’heures

Avec Colin, cela faisait plusieurs mois que nous parlions de nous faire une « sortie moto ». Bon, Colin conviendra que sa moto ne renvoie pas l’image classique du bolide car la cylindrée de sa Yamasaki n’est que de 125 centimètres cubes, et a de fait interdiction d’emprunter les autoroutes. Comme Izu est absolument sublime et que, jusqu’alors, je n’étais allé que sur la côte est, j’ai donc proposé à Colin cette destination. Lui qui connaissait assez mal la région en a vu le potentiel à moto et nous avons donc choisi d’en parcourir le tour en un peu moins de 24 heures. Nous sommes donc partis du nord-est de la péninsule, avons coupé par le bras de terre situé au nord puis longé la côte vers le sud avant de remonter jusqu’à notre point de départ. Nous avons ainsi parcouru environ 200 kilomètres à deux sur sa moto !

Comme je vous l’écrivais, nous avons débuté ce périple en traversant le bras de terre reliant la péninsule à l’île de Honshū et nous sommes passés par plusieurs rizières sous un coucher de soleil rougeoyant. Je garderai à jamais ce souvenir du reflet sur les rizières des lueurs enflammées. La route fut ensuite sublimée par la découverte du littoral et de la surprise qu’il nous avait réservée : une vue époustouflante du Fuji dominant la baie de Suruga. Ce ne fut pas la seule surprise de la soirée car, à notre arrivée, nous avons pu profiter d’un rotenburo particulièrement agréable mais aussi et surtout nous avons pu rencontrer le Bocuse japonais !

Ne sachant pas où dîner, nous avons choisi par défaut l’izakaya le plus proche. Nous avons été placés au comptoir en face du chef, et devant notre appétit et notre plaisir non dissimulé face à ses plats d’une qualité exceptionnelle, il amorça la discussion. Colin, évidemment, était celui de nous deux qui dirigeait le dialogue ; je me contentais d’essayer de comprendre et de participer du mieux que je le pouvais. Mis à part une morphologie assez similaire à celle de Paul Bocuse, ce chef japonais avait de nombreux liens avec notre légende française. Il a en effet travaillé pour plusieurs restaurants français, dont certains ouverts par Bocuse ! Le surnom était tout trouvé ; quand nous l’avons appelé « Bocuse japonais », il en était très fier et a commencé à boire avec nous ! Quelques verres plus tard, sa femme nous proposa de nous ramener en voiture à l’hôtel et nous expliqua sur la route le fonctionnement de leur restaurant. Comme ils sont dans un village de pêcheurs, tout le reste de la pêche jugé inapte à la vente est donné aux villageois ; ils n’ont donc aucun frais pour obtenir du poisson… frais !

Le lendemain, après une douce nuit bercée par le murmure de la mer, nous sommes repartis sur la route. En chemin, nous avons multiplié les arrêts pour profiter du paysage et des spécialités locales, notamment pour notre déjeuner. Nous ne nous sommes arrêtés réellement qu’une seule fois lorsque nous avons aperçu une sublime crique aux eaux turquoise pour nous y baigner. L’eau était parfaite et le cadre irréel. Nous avons pu traverser des tunnels rocailleux et profiter des beautés de cette terre volcanique. Cependant, lorsque nous avons commencé à vouloir randonner aux alentours de la crique, Colin amorçait la marche et je n’aurais peut-être pas dû lui dire que nous venions de passer à côté d’un petit serpent… Faute de courage (plus ou moins partagé), la randonnée fut avortée et nous reprîmes la route.

La seule et véritable critique que je pourrais faire à la moto de Colin est le fait qu’avec sa faible cylindrée il est complexe d’être à deux dessus si la route n’est pas plate. Cependant, d’après lui, « si l’on met de l’huile de compétition, l’Elf HTX 850, elle devrait être une bête de course ». Je me permets une précision nuançant son propos : son VIE se déroule chez Elf, nous pouvons donc douter quelque peu de la neutralité de son jugement. Très fatigué par la route et l’absence de visière sur le casque qu’il m’avait prêté, je suis rentré en train (comme à l’aller), et Colin a fait le retour seul. A posteriori, nous nous sommes fait la réflexion qu’il aurait été déraisonnable d’être deux pour le retour, du fait de la fatigue qu’un tel trajet engendre pour le conducteur mais aussi pour le passager !

Un week-end parfait

Avant mon retour en France, je souhaitais retourner au ryokan où nous avions travaillé avec Bogdan en 2019 (cf. l’article du mois d’avril 2024). Une nouvelle fois, nous fûmes trois : Colin, Grégoire et moi-même. Pour profiter au mieux de ce week-end, l’idée était de partir le vendredi, arriver en début d’après-midi au ryokan, puis repartir le samedi en fin de matinée pour rentrer dans la soirée à Tokyo. Nous avions une obligation le dimanche qui avait défini l’agenda du week-end : cette journée correspondait à la dernière messe paroissiale avant les vacances scolaires et donc potentiellement à ma dernière messe avec les paroissiens avant mon retour.

Alors que nous étions dans un restaurant de campagne pour notre déjeuner, une jeune enfant était estomaquée par Grégoire. Haute comme trois pommes, elle déclara à ses parents — et sans aucune gêne — en pointant du doigt Grégoire : « イケメンのゴリラ », soit littéralement « gorille beau gosse ». Ses parents, très gênés, réprimandèrent immédiatement la jeune fille alors que nous avons, hilares, été dans l’impossibilité de rester discrets !

Nous sommes arrivés vers 14 heures à proximité de l’hôtel, mais nous avons préféré faire un détour par le terrain de mini-golf afin de savourer ce congé du vendredi. À notre arrivée, j’appris que la patronne n’était pas là car elle était sur le départ pour le voyage de sa vie en Suisse. Je me souviens en effet avoir eu plusieurs discussions avec elle du fait qu’elle voulait vraiment y aller, et ce depuis très longtemps, notamment grâce à Heidi ! Malgré son absence, la réception m’expliqua que, si nous le souhaitions, nous pouvions changer de chambre pour avoir une chambre avec deux lits doubles. Comme nous étions trois, je ne compris alors pas cette proposition et lui fis part de mon incompréhension. Elle me chuchota alors « upgrade » puis me fit un clin d’œil. Pour la seconde fois donc, je me retrouvai dans une chambre incroyable ! C’est vraiment un personnel adorable ! J’ai pu discuter avec plusieurs personnes qui travaillaient déjà en 2019 et ce fut une vraie joie de pouvoir prendre de leurs nouvelles !

Quelle joie aussi de pouvoir présenter mon ryokan à Colin et Grégoire ainsi que le village alentour. Assister à leur émerveillement devant cet établissement qui m’est si cher, puis pouvoir partager avec eux le délicieux repas qui nous fut servi restera un précieux souvenir. Après avoir profité du onsen et du bar, nous avons pu également profiter à tour de rôle du onsen personnel de notre chambre qui donnait sur la rivière. Le lendemain, nous avons finalement pu voir le patron et sa fille qui sont venus spécialement pour nous dire au revoir. Quelle joie de pouvoir leur dire au revoir avant mon retour en France ! Il me semble cependant évident que, si je reviens au Japon pour voyager, je ferai tout pour retourner les voir !

Après notre départ, nous avons donc pu visiter les différents points d’intérêt proches de l’hôtel tels que la cascade du village, le barrage et ses points de vue à couper le souffle, ainsi que les paysages presque normands qui se trouvaient sur notre route ! En effet, après avoir traversé une fine canopée, nous avons été tous trois surpris par ce qui nous a accueillis : vaches, collines et pommiers ! De retour à Tokyo, la journée s’est conclue par un magnifique coucher de soleil et un très bon dîner dans un restaurant italien.

Pour conclure ce week-end, le dimanche après-midi, nous sommes allés au cinéma, toujours à trois, voir Formula One. Il s’agit d’un film réalisé par le réalisateur de Top Gun sur la Formule 1 avec Brad Pitt. Nous avons pu une nouvelle fois admirer à quel point les Américains sont les meilleurs en termes de divertissement et pour nous en mettre plein la vue. L’épilogue fut donc, à la suite de la séance, un barbecue à volonté sur un rooftop avec un nouveau coucher de soleil exceptionnel ! Ce fut objectivement l’un des meilleurs week-ends que j’ai passés au Japon car tout y était : voyage, amis, beau temps et nourriture !

Pêle-mêle

Pour pouvoir patienter avant la finale de la Ligue des champions (qui était à 4 heures du matin), je suis allé dans un manga café. Il s’agit d’un lieu où vous payez pour y rester un temps donné et où vous pouvez accéder à une salle privative avec un ordinateur. Vous pouvez aussi y emprunter de multiples mangas et les boissons ainsi que les glaces sont à volonté ! Ces lieux sont souvent utilisés pour patienter avant les premiers métros ou bien dormir jusqu’au petit matin, mais de mon côté j’en ai profité pour regarder Mission Impossible !

Avec Antoine, nous sommes donc allés voir la finale de la Ligue des champions Paris Saint-Germain contre l’Inter Milan. Nous étions dans un bar avec 80 % de Français, 10 % d’Italiens et 10 % de Japonais ; imaginez donc l’ambiance ! Et quelle claque ce fut ! Pour nous avec le spectacle et l’ambiance, mais aussi pour les Italiens dans le bar et sur le terrain ! Une belle victoire 5-0 pour Paris !

Cyril et moi sommes allés à un concert de rock japonais du groupe Haku. C’était impressionnant de voir une scène presque « underground » de Tokyo !

Avec Colin et Grégoire, nous sommes allés dans un bar à saké proposant de définir notre profil de dégustation. L’idée est de noter dix verres de saké et leur algorithme définira alors notre profil. Si les sakés utilisés étaient franchement moyens, voire mauvais, le résultat est étonnant car, depuis, mon profil correspond à chaque fois au saké que je préfère ! Il s’agit des sakés « floraux » et « épicés ».

Pour la floraison des hortensias, je suis retourné à Kamakura. C’est vraiment une ville que j’affectionne beaucoup car l’atmosphère y est apaisante et il y a toujours cet air de vacances si agréable.

Pour pouvoir patienter avant la finale de la Ligue des champions (qui était à 4 heures du matin), je suis allé dans un manga café. Il s’agit d’un lieu où vous payez pour y rester un temps donné et où vous pouvez accéder à une salle privative avec un ordinateur. Vous pouvez aussi y emprunter de multiples mangas et les boissons ainsi que les glaces sont à volonté ! Ces lieux sont souvent utilisés pour patienter avant les premiers métros ou bien dormir jusqu’au petit matin, mais de mon côté j’en ai profité pour regarder Mission Impossible !

Avec Antoine, nous sommes donc allés voir la finale de la Ligue des champions Paris Saint-Germain contre l’Inter Milan. Nous étions dans un bar avec 80 % de Français, 10 % d’Italiens et 10 % de Japonais ; imaginez donc l’ambiance ! Et quelle claque ce fut ! Pour nous avec le spectacle et l’ambiance, mais aussi pour les Italiens dans le bar et sur le terrain ! Une belle victoire 5-0 pour Paris !

Cyril et moi sommes allés à un concert de rock japonais du groupe Haku. C’était impressionnant de voir une scène presque « underground » de Tokyo !

Avec Colin et Grégoire, nous sommes allés dans un bar à saké proposant de définir notre profil de dégustation. L’idée est de noter dix verres de saké et leur algorithme définira alors notre profil. Si les sakés utilisés étaient franchement moyens, voire mauvais, le résultat est étonnant car, depuis, mon profil correspond à chaque fois au saké que je préfère ! Il s’agit des sakés « floraux » et « épicés ».

Pour la floraison des hortensias, je suis retourné à Kamakura. C’est vraiment une ville que j’affectionne beaucoup car l’atmosphère y est apaisante et il y a toujours cet air de vacances si agréable.

Ainsi se conclut cet article, sur ces si belles fleurs. Juillet sera un mois d’aventures multiples !

Bien à vous,

Augustin Duflos de Saint Amand.

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